Rupture ou refondation
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L’idée de Refondation ou de rupture vient du constat que la profonde crise que nous traversons n’est soluble ni par petite touches ni sans concertation ni sans l’accord d’une majorité.
Depuis trente ans, peut-être plus, une monumentale production législative et réglementaire surtout généreuse en intentions, statuts spéciaux, dispositions particulières et exceptions à la règle a abouti à un système profondément injuste, largement inefficace et complètement bloqué. Sa finalité est devenue obscure aux citoyens. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas s’y reconnaître.
Les gouvernements successifs, de droite et de gauche, ont été incapables de résoudre le chômage de masse. L’« usine à gaz » bureaucratique a au contraire contribué à l’aggraver en faisant supporter des coûts et des risques inutiles aux acteurs économiques. Au delà d’un dysfonctionnement pratique généralisé, la multiplication des exceptions, statuts et dispositions a créé une société fonctionnant sur un modèle féodal dominé par le souci de chacun de conserver son fief, aussi modeste soit il. Le sens de l’intérêt général a fini par se dissoudre avec la complicité de l’Etat alors que c’est de lui qu’on attendait ce rappel salutaire et permanent que l’intérêt général doit primer sur le particulier. Un sentiment d’insécurité omniprésent, le plus souvent justifié exacerbe cette attitude. Les élites font dorénavant l’objet d’une profonde défiance qui a elle seule les disqualifie. Elles sont devenues incapables de résoudre la crise quand elles ne concourent pas directement à son aggravation.
Dans cette atomisation de notre société, le courage collectif et l’optimisme semblent avoir déserté.
Indispensable donc, la Refondation politique, sociale, économique et morale, de notre pays est aussi urgente. De puissants facteurs de désintégration sont à l’œuvre comme en attestent la montée de la contestation violente et la montée de partis extremistes sans projets réalistes. L’exacerbation des tensions, l’accroissement inquiétant des déficits de l’Etat et des systèmes de protection sociale en sont d’autres symptômes. Guetté par un « syndrome chinois » du surendettement, l’Etat est aujourd’hui incapable de faire face à un choc externe : une récession mondiale déclenchée par une crise financière, une catastrophe écologique ou un regain de tension internationale. Il n’est plus capable de préparer l’avenir. Il n’a plus les moyens d’investir dans l’éduction, les hôpitaux, la recherche et il ne peut que faillir dans la tache de mener à bien la mutation de l’agriculture française que l’arrêt programmé des subventions menace. Désespérant pour la jeunesse, le système se condamne lui même s’il ne se réforme pas en profondeur.
Les rares réformes entreprises aux cours des quinze ou vingt dernières années ont toujours été difficiles parce que parcellaires et se concentrant sur telle ou telle catégorie. Elles appuient toujours sur un « endroit où ça fait mal » et déclenchent invariablement de fortes oppositions car les catégories « réformées » se ressentent assez naturellement comme des victimes sacrifiées sur l’autel d’autres intérêts particuliers. Ce n’est pas toujours inexact, loin s’en faut. Dans cette ambiance délétère, l’homme politique devient frileux et finit par se contenter de « gérer » sa clientèle électorale sans plus se soucier de l’intérêt général. Ainsi s’ouvre la spirale du cynisme et de la désillusion. Circonstance aggravante, les calendriers électoraux ne donnent aux gouvernants qu’une fenêtre de tir très étroite et les condamne à l’immobilité pendant au moins la moitié du temps de leur mandature. Un an avant les élections, plus rien ne bouge pendant que les déficits se creusent et que les chômeurs restent chômeurs. La démarche refondatrice, qu'elle soit de droite ou de gauche ne peut être que globale. Basée sur le principe d’un donnant-donnant généralisé, elle doit aussi être rapide.
Pour moi qui me reconnais plutôt dans les valeurs de la solidarité et de la fraternité, Sarkozy pose la bonne question de la méthode. Dommage qu'elle soit posée du coté droit alors que j'aimerais la voir poser à gauche.
Reivax 11 janvier 2007 à 09:21 (CET)
