Otaku les enfants du Virtuel
Un article de WikiPol.
Etienne BARRAL, Otaku, « Les enfants du virtuel », édition J’ai Lu, 30 novembre 2001, 318 pages.
Etienne BARRAL est journaliste au quotidien japonais Aera. Spécialiste des nouvelles technologies, il vit au Japon depuis 1986. Otaku, signifie en japonais « les fils de l’empire du virtuel ».
Véritable travail de sociologie, il est nourri d’exemples concrets et frappants suivis d’analyses objectives dans un style pourtant journalistique. La diversité des anecdotes fait que l’on ne s’ennuie jamais.
Effectivement, l’esprit occidental est loin d’imaginer à quel point un individu peut s’exclure de la vie sociale et subsister dans un monde parallèle sans autre perspective que le rêve et l’imagination. La société japonaise fabrique ses propres marginaux, adolescents et adultes isolés ou perdus qui chacun se réfugient dans un monde échappatoire monté de toutes pièces : outre les drogues modernes de la télévision et des jeux vidéos, on découvre un jeune homme pour qui le bonheur tient à la collection de petites culottes de stars, une lycéenne qui s’enferme dans l’univers du manga, ou encore un cadre déprimé par son travail dont la seconde vie consiste à collectionner les maquettes au point d’y consacrer la totalité de son salaire…
On comprend ensuite que dans cette société où seul compte la réussite sociale, ce n’est pas une volonté individuelle que de se marginaliser, mais une façon d’échapper à la pression des normes et valeurs japonaises.L’oeuvre d’Etienne BARRAL tente avant tout d’expliquer les causes du phénomène plutôt que de le critiquer.
Finalement, au coté divertissant du livre et des anecdotes se substitue rapidement la sensation de malaise que le journaliste parvient à suggérer.
