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Indigènes

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Le synopsis officiel du film:

1943. Ils n'avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c'est la guerre, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s'engager comme 130 000 autres "Indigènes" dans l'armée française pour libérer "la mère patrie" de l'ennemi nazi. Ces héros que l'histoire a oubliés vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.


Réalisé par Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, Samy Naceri , Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan site officiel du film


Critique:

Film d’aventure à thèse, il ne tombe pas trop dans le manichéisme et rappelle une vérité historique oubliée : celle de la contribution des « Indigènes » à la libération.

Assez agréable à voir, parfois un peu simpliste dans le propos, le film se termine par une scène d’action très hollywoodienne qui laisse un peu pantois mais se laisse regarder. Je me demande toujours pourquoi on a collé une mère arabe au Sergent Martinez. Cela ne rajoute rien au propos.

Le film suggère que les troupes « indigènes » ont servi de chair à canon. C’est sans doute historiquement inexact. Il reste que leur mémoire n’a pas été glorifiée et on peut acquiescer à la démarche du film qui entend rappeler leur rôle. Il n’est pas inutile de rappeler également que le système colonial était profondément discriminatoire, ce que suggèrent quelques scènes du film.

Un film qui montre des Arabes, Kabyles et Noirs comme des héros positifs ne peut pas faire de mal en ces temps troublés.

La grande nouvelle est que le président de la République a décidé de réévaluer les pensions de ces anciens combattants. Il en reste assez peu et cela ne va pas coûter très cher. Il est assez marrant de voir que l’Etat français avec ses ministres de droite et de gauche a mené un combat juridique honteux de plusieurs dizaines d’années contre cette revalorisation pour finir par céder après une séance de cinéma.

Rappelons que le conseil d’Etat avait rendu un arrêt en ce sens en 2002 dans l’indifférence générale. C’est bien la preuve que l’on s’assoit plus confortablement sur une décision du conseil d’Etat que sur un fauteuil de cinéma.