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Discussion WikiPol:Avertissements généraux

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Admin 22 novembre 2006 à 11:46 (CET)

Si l’Europe reste à 450 millions, elle sera faible !

En ce moment important pour l'avenir de la France, il est remarquable que la question européenne soit passée peu ou prou sous silence, tout comme celle de la Turquie. Voilà pourquoi, il faut rappeler qu'il n'y a pas d'alternative à l'entrée de la Turquie, une chance pour Europe. Eprises de liberté, la Turquie nous montre que l’Islam n’est pas incompatible avec la démocratie. La thématique principale de l’adhésion turque réside dans l’articulation de l’identité européenne avec les impératifs énergétiques et géopolitiques de l’Europe. Ainsi, la place de la Turquie au sein de l’UE porte en germe le positionnement de l’UE au sein de la nouvelle structure internationale émergente.

Mustafa Kemal considérait que la réorganisation de l'État turc devait passer par un changement linguistique radical. Or, l'histoire compte peu d'exemples de ce genre où un gouvernement a entrepris des changements linguistiques d'une aussi grande envergure dans un délai aussi court et, il faut le reconnaître, avec autant de succès. Aujourd’hui, ce pays entreprend la même démarche avec la même vigueur dans la modernisation de ses institutions. La Turquie, pays industriel, candidat engagé sur la voie de l'adhésion européenne, est, en raison de l'importance de sa population et de sa capacité à se moderniser, un des marchés les plus prometteurs de l'Union européenne. Elle a déjà connu depuis vingt ans de profondes transformations économiques et sociales qui l'ont rapprochée des pays d'Europe. Tout indique que son engagement dans la voie des réformes se poursuivra.

Elle représente pour la France et ses entreprises un partenaire de choix aux très nombreuses opportunités. La France y est le premier investisseur étranger. Pourtant le volume d'implantations reste très éloigné du potentiel d'accueil du pays. Certe, ce n’est pas une démarche simple. Elle demande de notre part une vision politique audacieuse et de la détermination. Mais ce n’est qu’à ce prix que nous parviendrons demain à mettre un grain de sable dans la logique qui prévaut actuellement, celle d’un affrontement des civilisations. Peut-être ce grain de sable sera-t-il porteur d’un vent nouveau. Quant aux déclarations de Nicolas Sarkozy et sa « géographie prétexte » contre l’adhésion turque, elles relèvent du calcul politicien. Une manière bien commode pour le candidat à la présidentielle de jouer la carte antimusulmane. Le « Petit Nicolas » sous influence du lobby arménien, se distingue de ses camarades de classe en proposant, en plus, la création d’une « communauté des riverains de la Méditerranée » dont la Turquie serait l’un des piliers ; le seul hic dans le scoop sarkozien, c’est qu’il faudra que son génial inventeur explique comment il entend faire cohabiter au sein de cette association, Grecs, Turcs et Chypriotes d’un côté, Algériens et Marocains d’un second, Libanais et Israéliens d’un troisième ! Chaude ambiance en perspective ! « …ne pas reconnaître l’européanité de la Turquie revient à définir l’UE comme une identité et non comme un projet politique, ce qui constitue un contre sens lourd de conséquences graves générant des nationalismes rétrogrades ». La géographie, instrument de pouvoir, est trop souvent convoquée pour des motifs inavouables.

Le concept à la mode dans les milieux politiques français et européens, proposé comme alternative à l’adhésion pleine et entière de la Turquie à l’Union Européenne, est celui du « partenariat privilégié ». Or, la lecture des arguments avancés par les partisans de ce projet n’apporte que peu de suggestions réelles et de progrès par rapport à ce qui existe déjà ; cette solution de substitution ressemble fort à une coquille vide destinée à sauvegarder coûte que coûte les intérêts économiques européens en Turquie tout en préservant l’UE des inconvénients de l’intégration ; en outre, il masque des motivations réactionnaires et identitaires peu avouables et s’appuie sur des mythes dépassés.

« Il faut regarder ce que sera l’équilibre du monde dans 25 ans », ont estime qu’il y aurait alors de « grands pôles démographiques, économiques et technologiques ». « Tous ces pôles pèseront plus d’un milliard d’habitants. Si l’Europe reste à 450 millions, elle sera faible ».

Attention aux manipulations d'opinion qui trouble le débat sur les véritables enjeux.

Serge Valin / 01/03/07 Valin 1 mars 2007 à 11:54 (CET)